L’Assemblée pour le développement des avions de combat sans pilote
Paris, le 4 juin 2008 – L’Assemblée s’est prononcée ce mercredi en faveur de la poursuite des programmes européens de démonstration de technologie d’avions de combat sans pilote (UCAV) en lançant simultanément « une réflexion coordonnée au sein de l’OTAN et de l’UE sur les besoins et les doctrines d’emploi de ces systèmes ».
Présentant un rapport au nom de la Commission technique et aérospatiale, M. Nigel Evans (Royaume-Uni, Groupe fédéré) a souligné combien « les conflits persistants en Afghanistan et en Irak ont démontré l’utilité et l’efficacité des aéronefs sans pilote, que ce soit pour des missions de renseignement, surveillance, acquisition de cible, reconnaissance ou pour des attaques au sol ». Il a relevé que ces « appareils sont aujourd’hui en dotation dans toutes les armées européennes, sauf dans la variante d’attaque, qui reste le monopole des Etats-Unis avec la série des Predator ».
L’Agence européenne de défense, a-t-il ajouté, est à la tête d’un projet visant à introduire les aéronefs sans pilote dans les systèmes de contrôle de l’espace aérien européen. Mais il est un domaine, celui des avions de combat sans pilote (UCAV), où l’Europe est à la recherche de son excellence par rapport aux Etats-Unis, « pays pionnier en la matière où ces projets sont rationalisés ». Les premiers vols des UCAV, actuellement au stade de démonstrateur, sont prévus au plus tôt en 2011, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis.
Le rapporteur note également que cette course à la technologie des UCAV n’est pas uniquement motivée par des impératifs opérationnels, mais a pour enjeu principal « le maintien des compétences, l’acquisition de connaissances et la maîtrise de technologies pour d’autres secteurs industriels de la défense ou civils ».
Regrettant « la dispersion et la duplication » des trois projets européens (Neuron, Taranis et Barracuda), l’Assemblée souhaite que « les Etats et les entreprises engagées dans ces recherches coopèrent davantage pour mettre sur pied un programme européen » en « associant pleinement l’OTAN, l’Agence européenne de défense et l’OCCAR, afin de réduire les risques de duplication et de rivalité institutionnelle ».
Au cours du débat, plusieurs orateurs ont insisté sur l’importance de la recommandation préconisant de veiller « à ce que tout transfert transatlantique de technologie dans ce domaine soit réciproque, en prenant en considération les exigences de la sécurité nationale des Etats et les intérêts des industries en Europe ».