L’Assemblée recommande à l’UE d’accélérer le projet Galileo
Paris, le 4 juin – L’Assemblée a demandé à l’UE de rattraper le temps perdu avec le projet de navigation dans l’espace Galileo et de tirer les enseignements de l’échec en 2007 du système de partenariat public-privé qui devait le financer.
Le projet Galileo est un ambitieux programme de navigation par satellite. Il comprendra 30 satellites placés en orbite terrestre d’altitude moyenne (soit environ 24 000 km) et un réseau d’environ 40 stations au sol. Le projet Galileo a connu des retards dus à des difficultés industrielles et politiques. Les problèmes sont aujourd’hui surmontés grâce à l’intervention de la Commission européenne qui est maintenant entièrement en charge de l’ensemble du programme. Sur le plan de la sécurité, ce dernier projet permettra à l’UE d’affirmer son autonomie en matière de navigation et de localisation satellitaire.
Le débat qui a suivi la présentation par M. Edward O’Hara (Royaume-Uni, Groupe socialiste) d’un rapport élaboré conjointement avec M. Giannicola Sinisi (Italie, Groupe libéral) a été caractérisé par une violente attaque du projet par M. Christopher Chope (Royaume-Uni, Groupe fédéré) et par sa défense, tout aussi virulente, par sa compatriote, Mme Claire Curtis-Thomas (Royaume-Uni, Groupe socialiste).
M. O’Hara reconnaît, dans ce rapport intitulé « Des systèmes spatiaux pour la sécurité européenne : GMES et Galileo – réponse au rapport annuel du Conseil », que le projet a quatre à cinq ans de retard et qu’il a souffert de dépassements de coûts. Il devrait maintenant être complètement opérationnel en 2013. « Nous ne sommes pas encore tirés d’affaire », a-t-il dit à l’Assemblée. La troisième génération du GPS américain pourrait entrer en exploitation à ce moment-là, la Russie progresse avec son programme GLONASS et la Chine et l’Inde « sont sur le point de se poser en rivales ».
M. James Clappison (Royaume-Uni, Groupe fédéré) a émis des doutes sur la fiabilité des prévisions actuelles en matière de coûts et de calendriers et demandé qu’il soit procédé à une évaluation et un contrôle efficaces plutôt que « de fixer des impératifs politiques et de tenter de sauver la face ». Il est dit dans le rapport que Galileo « a connu des hauts et des bas » et que les coûts supplémentaires ont été provoqués par l’impossibilité de parvenir à des décisions dans les premières années et aux « tiraillements politiques » entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Commission européenne.
M. Christopher Chope a rappelé que la défunte Gwyneth Dunwoody avait rédigé, en tant que présidente de la Commission des transports du parlement britannique, un certain nombre de « rapports cinglants » sur le projet Galileo qui, selon les promesses initiales, était réservé à un usage civil et ne serait pas financé par les contribuables : « Au fil des ans, il est devenu évident que ce ne serait pas le cas ». M. Chope craint que l’UE ne soit engagée dans une opération « d’orgueil et de vanité, et que cela aboutisse à la duplication d’un système de défense déjà disponible au sein de l’OTAN ». Le système de partenariat public-privé a échoué « car il n’était pas économiquement viable et il était inutile », a-t-il ajouté. Les 940 millions d’euros qu’il va coûter cette année à l’UE « frisent l’indécence » et il vaudrait mieux les consacrer aux troupes en Afghanistan.
Ces remarques ont fait bondir Mme Claire Curtis-Thomas, qui a prononcé un plaidoyer en faveur de Galileo. Le système conférera à l’UE des droits de propriété intellectuelle, la possibilité de concéder des licences et des brevets qui, sinon, reviendraient aux Etats-Unis si l’Europe avait décidé de continuer à s’appuyer sur le système GPS. Elle a jugé les arguments de M. Chope « plutôt simplistes » et l’idée d’économiser 940 millions d’euros « grotesque ». Les dépenses vont favoriser la recherche scientifique et technologique au sein de l’UE. « Il s’agit d’investir dans l’Europe », non de tirer orgueil et vanité de ce projet, a-t-elle déclaré.
Résumant le débat, M. O’Hara a conclu à l’impossibilité, reconnue par tous, de distinguer entre les besoins du secteur civil et ceux du secteur militaire et il a comparé Galileo au tunnel sous la Manche, projet qui « a tourné en rond » et connu des difficultés à partir du moment où l’ancien Premier ministre, Mme Margaret Thatcher, lui a refusé l’octroi de fonds publics. Les avantages de Galileo pour l’Europe sont évidents, a-t-il ajouté.
Le rapport a examiné aussi le programme GMES (Global Monitoring for Environnment and Security) qui, comme Galileo, « joue un rôle essentiel pour l’UE et sa politique de sécurité et de défense commune (PESC) ». A terme, il devrait permettre à l’Union européenne de se doter d’une capacité autonome, cohérente et centralisée d’observation de la terre à toutes les échelles (locale, régionale, mondiale).
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