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Les parlements doivent se préoccuper de l’impact écologique des conflits armés
Paris, le 5 juin 2008 – L’Assemblée demande aux parlements nationaux d’encourager la communauté internationale à se soucier davantage de l’impact des actions militaires sur l’environnement.

Présentant un rapport intitulé « Evaluation de l’impact des conflits armés sur l’environnement », Lord Russell-Johnston (Royaume-Uni, Groupe libéral) a déclaré que l’opinion publique n’avait pris conscience du problème que relativement récemment. « C’est un domaine pour ainsi dire nouveau, qui ne doit plus être ignoré, du fait notamment de l’augmentation spectaculaire des opérations extérieures » menées par l’Union européenne. Les dommages causés peuvent être la destruction des infrastructures, la contamination des sols et la perturbation des cycles agricoles.

Lord Russell-Johnston, président de la Commission pour les relations parlementaires et publiques, a pris la parole au nom du rapporteur, Gianpaolo Silvestri (Italie, non inscrit) qui ne pouvait être présent.

Il est reconnu dans la résolution contenue dans le rapport, qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée, que la détérioration de l’écosystème ne peut être complètement évitée en cas de guerre, mais l’objectif à viser doit être de parvenir à un niveau jugé plus tolérable. Les conséquences des actions militaires sur l’environnement « sont parfois plus désastreuses que les opérations de guerre elles-mêmes ».

« Les moyens employés ne doivent pas être disproportionnés par rapport à l’objectif militaire recherché ». Les gouvernements doivent « vraiment s’engager à faire respecter par leurs armées – en temps de paix comme en temps de guerre – les normes internationales conçues pour préserver les ressources naturelles ». Quant à l’Union européenne, elle devrait veiller à ce que des concepts tels que l’action préventive ou l’évaluation et l’attribution des responsabilités soient repris par l’Agence européenne de défense (AED).

Intervenant mercredi dans le débat sur le rapport, Mme Gohar Bakshaliyeva, Vice-Présidente du Parlement azerbaïdjanais, a déclaré que l’occupation par l’Arménie de 20% du territoire de l’Azerbaïdjan était « une catastrophe écologique » pour son pays et que la communauté internationale devrait « exiger que l’Arménie se conforme aux normes internationales ».

Mme Bakshaliyeva a accusé l’Arménie de « destruction systématique des ressources naturelles », notamment en infligeant de « graves dommages » à 250 000 hectares, soit 23% des terres cultivées du pays, et en utilisant des agents chimiques pour abattre les arbres afin d’augmenter les profits. Le 3 mai, les forces occupantes ont délibérément provoqué un incendie qui s’est propagé à d’autres régions du pays et le feu continuera probablement de brûler jusqu’à la fin août, a-t-elle affirmé.

Les dégâts causés à l’environnement sont estimés à 26 milliards de dollars, a-t-elle précisé. Les sources d’approvisionnement en eau ont été détournées, ce qui provoque des inondations en hiver et des sécheresses en été. « Le résultat, c’est que les terres arables ne peuvent plus être exploitées », a-t-elle affirmé. Des déchets toxiques ont été rejetés dans l’Arax, rivière qui traverse également l’Arménie, et la nappe phréatique a été polluée. Les niveaux de phénol sont 13 fois supérieurs à la normale et ceux de sulfate neuf fois supérieurs, selon Mme Bakshaliyeva.

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