L’Assemblée souhaite associer davantage les riverains de la Mer Noire à ses travaux
Paris, le 5 juin 2008 – L’Assemblée a souhaité ce jeudi inviter « tous les parlements des pays limitrophes de la région de la Mer Noire qui ne sont pas membres de l’Assemblée à devenir ‘partenaires’ de sorte que cette zone géographique soit entièrement incluse dans ses compétences ».
Présentant un rapport au nom de la Commission pour les relations parlementaires et publiques, M. Hendrik Daems (Belgique, Groupe libéral) a rappelé que la Mer Noire présente un intérêt stratégique majeur, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement énergétique de l’Europe. La « région de la Mer Noire est devenue prioritaire pour l’Europe », a-t-il dit en soulignant les risques existant dans cette région en matière d’environnement et de pollution. Il s’est également inquiété des menaces liées à « la corruption, la fraude, aux trafics illicites en tous genres et à la montée en puissance de l’extrémisme religieux ».
L’Assemblée demande à son Comité des présidents de proposer un protocole d’accord définissant les modalités d’une coopération avec l’Assemblée parlementaire de la Mer Noire (PABSEC) en vue de créer une synergie de travail sur les sujets d’intérêt commun.
La coopération entre les pays riverains de la Mer Noire a déjà commencé à se mettre en place par le biais de diverses initiatives. Les principaux centres d’intérêt de ces pays sont la transition tant attendue vers la démocratie, la protection des droits de l’homme et le développement économique. Les organisations telles que l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation de coopération économique de la Mer Noire (OCEMN), l’Organisation pour le développement économique et la démocratie (ODED) et la Communauté du choix démocratique (CDC), pour n’en citer que quelques-unes, contribuent toutes à la concrétisation de ces objectifs, comme l’explique le rapport. L’Union européenne est désormais riveraine de la mer Noire et donc directement impliquée dans la politique de cette région. Elle y joue un rôle clé avec sa Politique européenne de voisinage (PEV) et son Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP). L’initiative « Synergie Mer Noire » encourage également la coopération avec les pays voisins de la Mer Noire, mais les programmes de l’UE connaissent déjà des difficultés de financement.
D’autres problèmes se posent dans le Caucase voisin, en proie à des aspirations nationalistes contrariées, à des affrontements idéologiques et religieux, à des trafics illicites en tous genres et au terrorisme. BLACKSEAFOR, Groupe opérationnel de coopération navale de la Mer Noire, conduit par la Turquie avec la participation de la Bulgarie, de la Roumanie, de l’Ukraine, de la Russie et de la Géorgie et l’opération « Black Sea Harmony » (OBSH), lancée à l’initiative de la Turquie, qui n’est pas sans similitudes avec l’opération Active Endeavour de l’OTAN en Méditerranée, sont des exemples de l’émergence d’une stratégie de sécurité dans la région. Ce rapport s’efforce de définir les paramètres d’une nouvelle prise de conscience de la portée politique de l’Assemblée, rendue nécessaire par la transformation radicale du paysage géopolitique.