La Grèce plaide en faveur d’une véritable politique étrangère et de sécurité commune

Paris, le 2 décembre 2009 – L’Assemblée européenne de sécurité et de défense (AESD) « est indispensable [car] les parlements nationaux ont une mission à remplir : persuader leurs gouvernements de prendre les mesures qui s’imposent ». C’est ce qu’a déclaré ce mardi M. Theodoros Pangalos, Vice-Premier ministre de la République hellénique.
Parlant au nom de la présidence grecque de l’UEO, qui prendra fin le 31 décembre, il a déclaré que « le suivi démocratique de la sécurité et de la défense est au cœur de nos préoccupations ». Le Parlement européen « a des ambitions » dans ce domaine, mais l’instrument de contrôle politique doit émaner des parlements nationaux. Et l’AESD est précisément cet instrument, a-t-il ajouté. « Son organisation pourrait être différente, mais son rôle restera le même. L’Assemblée réfléchit à diverses options pour l’avenir – toutes d’une très grande pertinence – qui devraient être prises en considération par la présidence espagnole de l’UE/UEO, laquelle débutera le 1er janvier prochain ».
A propos de l’avenir de l’UEO et de la nouvelle architecture de l’UE, M. Pangalos a regretté que le Secrétaire général de l’UEO, Javier Solana, soit pour l’instant remplacé par un Secrétaire général faisant fonction, mais il s’agit d’un arrangement transitoire. En ce qui concerne la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) en vertu du Traité de Lisbonne, le principe de subsidiarité continuera de s’appliquer. Les pays de l’UE attendent du nouveau Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, qu’elle se familiarise pleinement avec les questions de sécurité et de défense et qu’elle soit à l’écoute des Etats membres. De manière plus générale, il a noté les difficultés rencontrées dans l’élaboration d’une véritable politique étrangère et de sécurité commune au sein de l’UE.
M. Pangalos a indiqué aussi que les mesures destinées à lutter contre le trafic de drogue, la prolifération des armes de destruction massive et autres problèmes « ne peuvent être prises que dans un cadre général ». Le Président afghan Hamid Karzai doit « assumer ses responsabilités » et éradiquer « la corruption généralisée » ; en outre, il est indispensable de s’assurer la coopération du Pakistan « si l’on veut obtenir des résultats ». Figuraient aussi sur la liste des priorités de la Grèce pour l’UE : le Moyen-Orient, « où l’implantation de nouvelles colonies israéliennes entrave toute tentative de parvenir à un accord de paix » et l’accroissement de la coopération avec les organisations internationales à propos du Kosovo, de l’Afghanistan, de la République démocratique du Congo, de la Somalie et du Soudan.
En outre, son pays se propose de « donner une impulsion supplémentaire dans les Balkans occidentaux » en établissant une nouvelle feuille de route pour la région d’ici 2014, soit cent ans après le début de la Première guerre mondiale. Il a également annoncé l’organisation d’un séminaire de l’AESD sur la surveillance maritime et côtière en Grèce en mai 2010.
M. Pangalos, à qui il était demandé de commenter la proposition en 14 points de coopérer avec l’UE dans le domaine de la sécurité, présentée par la Russie deux jours avant l’entrée en vigueur le 1er décembre du Traité de Lisbonne, a répondu que « l’Europe n’est peut-être pas toujours d’accord avec la position de la Russie, mais ne pas avoir de position russe du tout serait plus grave. L’existence même de cette déclaration est un élément constructif ».
Le Président de l’Assemblée, M. Robert Walter, MP, a nommé M. Pangalos membre honoraire de l’Assemblée. MM. Pangalos et Walter ont ensuite participé à une cérémonie souvenir du ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu à l’Arc de Triomphe. Cette cérémonie était dédiée à la mémoire de tous les Européens qui ont donné leur vie lors des opérations conduites par l’UE, l’OTAN et les Nations unies en 2009.