Paris, le 2 décembre 2009 – L’AESD s’est prononcée ce mardi pour un dialogue approfondi de l’Europe avec la Russie en se fixant comme priorité « la recherche de solutions aux conflits gelés ».
Sur la base d’un rapport intitulé «
Vers une nouvelle architecture de sécurité pour l’Europe ? », présenté au nom de la Commission politique par M. Arcadio DÍAZ TEJERA (Espagne, Groupe socialiste) et M. Gerd HÖFER (Allemagne, Groupe socialiste), l’Assemblée a « pris acte du projet de Traité pour la sécurité européenne rendu public par la Russie » et recommandé que l’Union européenne « apporte une réponse plus positive à l’initiative prise par le Président russe Dmitri Medvedev en vue de réexaminer l’architecture de sécurité existante ».
« S’il est nécessaire, à moyen et à long terme, de développer des concepts plus larges de coopération en matière de sécurité, c’est immédiatement qu’il faut approfondir la coopération concrète avec la Russie en s’occupant des conflits gelés. Nous devons siéger ensemble et régler ces conflits avant de créer de nouvelles institutions. Sinon, nous ne ferons que déplacer les problèmes en ne résolvant rien et nous aurons donné l’impression que nous brassons du vent sans résultat probant », ont estimé les rapporteurs.
L’Assemblée encourage aussi l’OTAN à inviter la Russie à contribuer au nouveau concept stratégique de l’Alliance, en donnant ses points de vue et à « soutenir le dialogue interparlementaire sur l’architecture de sécurité européenne ». Le jeudi 3 décembre, un groupe de travail conjoint entre l’Assemblée et le Parlement russe (Conseil de la Fédération et Douma) sera mis en place pour mener un dialogue approfondi sur les voies à suivre en matière de sécurité européenne.
L’Assemblée souhaite en outre « l’approfondissement de la coopération pratique entre la Russie et l’Afghanistan, notamment en ce qui concerne la formation et l’équipement des forces de police et le transit de matériels civils et militaires ».
Au cours du débat, M. Vladimir CHIZHOV, Ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de l’Union européenne, a apporté des précisions sur les intentions de Moscou concernant le projet russe de « Traité de sécurité européenne » (cf. communiqué de presse n°53).
La question de savoir si l’Europe a besoin d’une nouvelle architecture de sécurité a été de nouveau inscrite à l’ordre du jour international en juin 2008 par le Président russe Dmitri MEDVEDEV, moins d’un mois après son entrée en fonction et avant que la guerre en Géorgie ne ramène la Russie et l’OTAN au bord d’une confrontation de type guerre froide et n’ébranle les fondations des structures de sécurité euro-atlantiques.
La Russie considère le système actuel comme « occidento-centrique », inapte à prévenir les crises ou à y faire face et trop tributaire de l’OTAN. M. MEDVEDEV plaide pour une nouvelle architecture de sécurité qui serait fondée sur un traité juridiquement contraignant, signé non seulement par tous les Etats participant à l’OSCE, mais aussi par les organisations de sécurité existantes, l’OTAN, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC, dont les Etats membres sont l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) et l’OSCE elle-même.