Paris, le 2 décembre 2009 – L’AESD a demandé mercredi à l’Union européenne de « continuer de donner la priorité » aux efforts en vue « de parvenir au règlement du conflit central israélo-palestinien sans le conditionner à la solution du problème nucléaire iranien »
Présentant un rapport au nom de la Commission politique sur « La sécurité européenne et le Moyen-Orient » [
Document 2060], Mme Josette Durrieu (France, Groupe socialiste), a dénoncé le « blocage » du processus de paix entre Israël et la Palestine en déplorant notamment que le Président Obama n’ait pas réussi « faire évoluer la situation ». « Le statu quo actuel profite à Israël et au Hamas », a-t-elle ajouté en dénonçant « l’obstination et la démarche autodestructrice d’Israël ». « Israël a un droit sacré à un Etat et à sa sécurité », mais « il faut dire non à la colonisation, non au mur, non à l’enfermement de Jérusalem, non à l’occupation de la Cisjordanie et au blocus de Gaza ».
Lors d’une mission effectuée à Gaza, Mme Durrieu a acquis la conviction que le blocus « profite au Hamas qui tient d’une main de fer » la population et se finance sur les trafics passant par les tunnels de la zone de Rafah. Selon elle, « un millier de tunnels relie l’Egypte à Gaza ».
Une des priorités, selon la Vice-Présidente de l’Assemblée, est « de réconcilier le peuple palestinien ». Mme Durrieu estime ainsi que la communauté internationale a « eu tort de refuser la victoire électorale insupportable du Hamas en 2006 ». « Il faut de nouvelles élections », a-t-elle ajouté en doutant que la date fixée du 24 janvier prochain puisse être respectée.
Mme Durrieu a salué le rôle de médiateur joué respectivement « par la Turquie et par l’Egypte dans le conflit ». La Syrie a également le potentiel d’être un acteur majeur pour la paix dans la région. Elle a en revanche fustigé « l’évidente faiblesse de l’impact politique de l’UE sur le conflit », alors que « l’engagement financier (des 27) est énorme ».
Mme Durrieu a enfin regretté que la Commission politique n’ait pas retenu un des considérants de son projet de recommandation indiquant qu’il faut « distinguer la résistance qui est un droit légitime et le terrorisme qui est la violence utilisée contre les populations civiles prises injustement en otage ».
Au cours du débat, M. Rudy Salles, Président de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée (APM), a invité l’AESD à participer à la conférence organisée par l’APM au printemps prochain sur le conflit israélo-palestinien autour de cinq questions : les frontières, Jérusalem, les colonies, les réfugiés et le problème de l’eau.