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L’AESD favorable à une « stratégie claire » en Afghanistan
Mme Françoise HOSTALIER (France, Groupe fédéré), M. Mehmet TEKELIOGLU (Turquie, Groupe fédéré) et
M. Jean-Pierre KUCHEIDA (France, Groupe socialiste)


Paris, le 2 décembre 2009 – L’AESD s’est prononcée mercredi en faveur de la définition « d’une stratégie claire d’engagement » en Afghanistan, prévoyant une « programmation de retrait », notamment « militaire, dès que les objectifs fixés seront atteints ».

Sur la base d’un rapport intitulé « La guerre en Afghanistan : les implications régionales » (Document 2050), présenté au nom de la Commission de défense par Mme Françoise HOSTALIER (France, Groupe fédéré), M. Jean-Pierre KUCHEIDA (France, Groupe socialiste) et M. Mehmet TEKELIOGLU (Turquie, Groupe fédéré), l’Assemblée a aussi estimé nécessaire « d’associer tous les pays limitrophes aux décisions et aux actions qui seront menées par la communauté internationale en tant que partenaires et pas seulement, comme aujourd’hui, en temps que simples spectateurs ». L’Assemblée préconise en outre un « examen et une mise à jour du mandat du Représentant spécial de l’UE », qui est aussi incité « à ouvrir des représentations régionales pour suivre et mesurer les résultats de l’assistance européenne à la reconstruction ».

Mme HOSTALIER a estimé qu’après la réélection très controversée du Président KARZAÏ, « les Afghans sont inquiets, désabusés par le pouvoir politique mais qu’en même temps, ils ne veulent pas le retour des Taliban. Il faut tenir compte des erreurs du pouvoir et des attentes des Afghans » a-t-elle dit, en relevant comme un « signe » positif les récentes mises en examen « pour corruption de plusieurs anciens ministres ».

Elle a par ailleurs noté « une évolution importante de la situation au Pakistan », où « le gouvernement a enfin décidé d’agir militairement dans la zone où se concentrent les insurgés. Cela prouve que, certes contraint par la pression internationale, le Pakistan donne des signes clairs aux Taliban qu’il ne les laissera pas déstabiliser la frontière avec l’Afghanistan ».

Face aux « réticences et aux inquiétudes par rapport à l’engagement militaire et aux risques d’enlisement » qu’elle a dit « comprendre parfaitement », Mme HOSTALIER a enfin préconisé « une attitude pragmatique ». Selon des témoignages qu’elle a recueillis auprès de gradés afghans, « des progrès considérables ont été faits pour former une armée nationale ». Ajoutant qu’ils étaient « encore loin du compte, ces officiers demandent qu’on ne les abandonne pas », a-t-elle précisé, ajoutant qu’un retrait progressif sur le mode irakien serait un jour « possible ».

Déjà co-auteur des deux précédents rapports sur l’Afghanistan (Documents A/1930 et A/2036), M. KUCHEIDA s’est montré plus prudent. « Depuis 2006, la situation n’a cessé de se dégrader sur les plans militaire, politique, social et culturel », ce qui amène les opinions publiques de la coalition à douter de plus en plus de la pertinence du maintien d’un engagement dans ce pays « où ni les Britanniques, ni les Russes n’ont réussi à gagner militairement ». Pour illustrer cette dégradation, M. KUCHEIDA a rappelé que les surfaces cultivées de pavot ont été « multipliées par deux depuis 2006 pour atteindre 192 000 hectares en 2009 ». M. KUCHEIDA « craint que la situation se dégrade encore dans le futur » malgré les renforts militaires et civils prévus pour le retour de la paix et l’instauration d’un Etat de droit en Afghanistan.

M. Mehmet TEKELIOGLU a mis en évidence la contribution de la Turquie à la sécurisation, la stabilisation et la reconstruction de l’Afghanistan, qui s’appuie sur des relations historiques et sur une compréhension culturelle et linguistique. Il a donné des détails sur l’assistance de la Turquie au développement des forces armées afghanes ainsi qu’au développement économique et social de ce pays. M. Mehmet TEKELIOGLU a souligné la dimension régionale de l’approche de la Turquie, qui comprend aussi un volet de coopération trilatérale Turquie - Afghanistan - Pakistan..

Le débat a ensuite fait apparaître les lignes de clivage existant sur la pertinence d’un maintien d’une forte présence étrangère en Afghanistan. Au cours du débat, le scepticisme de M. KUCHEIDA a été notamment partagé par deux parlementaires du Royaume-Uni, Mike HANCOCK (Groupe libéral) et Paul FLYNN (Groupe socialiste), ce dernier estimant que l’Afghanistan est « contrôlé à hauteur de 80% par les Taliban. Pourtant, selon M. Detlef DZEMBRITZKI (Allemagne, Groupe socialiste) « 75% des Afghans ne souhaitent pas un retrait des forces de la coalition ».

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