Coopération UE/ONU en matière de maintien de la paix : des relations à préciser
M. René ROUQUET (France, Groupe socialiste)
Paris, le 2 décembre – L’Assemblée a recommandé ce mercredi que l’UE et les Nations unies étudient les formes de leur collaboration en matière de maintien de la paix afin de corriger les disparités apparues dans ce domaine.
Dans un rapport intitulé « L’Union européenne et les missions de maintien de la paix des Nations unies – Réponse au rapport annuel du Conseil » (
Document 2049), Mme Ine AASTED-MADSEN (Pays-Bas, Groupe fédéré) et M. René ROUQUET (France, Groupe socialiste), rapporteurs au nom de la Commission de défense, constatent que depuis le début des années 1990, le nombre des opérations internationales de maintien de la paix sous mandat des Nations unies ne cesse de croître. Et parallèlement, depuis la création de la PESD, l’UE fournit en tant que telle des forces aux Nations unies de manière ponctuelle et en vertu du principe selon lequel « l’Union ne saurait être un réservoir de forces ».
Les rapporteurs relèvent que « les Etats membres de l’UE financent près de 40% du budget des Nations Unies mais fournissent moins de 2% des troupes déployées en Afrique, par exemple. Et bien que l’UE ait récemment assuré davantage de missions sous mandat de l’ONU et fourni davantage d’hommes, les opérations conduites par l’ONU sont généralement composées en majeure partie d’effectifs de pays n’appartenant pas à l’UE », a déclaré M. ROUQUET.

Mme Ine AASTED-MADSEN (Pays-Bas, Groupe fédéré)
Le rapport se concentre sur deux missions militaires majeures de l’UE : EUFOR Tchad/RCA et EUFOR Althea.
EUFOR Tchad/RCA a été déployée du 15 mars 2008 au 15 mars 2009, puis elle a été remplacée par une force des Nations unies, la MINURCAT II. EUFOR Tchad/RCA est un exemple réussi de soutien de l’UE à l’ONU. Pendant la durée de son mandat, EUFOR Tchad/RCA a rempli sa mission principale, qui était notamment de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et la protection du personnel des Nations unies. Il faut espérer que la MINURCAT II adoptera les meilleures pratiques définies par l’EUFOR à la lumière des leçons essentielles tirées de cette opération.
La Bosnie-Herzégovine est un pays où l’UE déploie de longue date son action stabilisatrice. L’Union a réussi à coordonner de façon satisfaisante les deux missions conduites simultanément dans le pays : EUFOR Althea et la Mission de police (MPUE). Cependant, la situation politique reste tendue en Bosnie-Herzégovine. Dans leur majorité, les principaux acteurs internationaux ont exprimé le souhait de supprimer le bureau du Haut Représentant, qui détient actuellement l’autorité exécutive sur le pays, et de transférer ses pouvoirs aux autorités bosniaques. Mais jusqu’à présent, les conditions qui permettraient une telle fermeture ne sont pas réunies, et le mandat d’EUFOR Althea a été reconduit jusqu’à la fin de l’année 2010.
Se référant à l’avis du commandant des troupes de l’EUFOR, les rapporteurs estiment qu’il conviendrait de transformer la mission actuelle en « mission non exécutive se concentrant sur l’entraînement et le renforcement des capacités, tout en intensifiant la collaboration avec l’OTAN ». « Cette option permettrait de réduire les effectifs déployés de 80% pour conserver environ 200 hommes en Bosnie-Herzégovine. Cette mission aurait un mandat de deux ans et serait chargée d’assumer des tâches d’entraînement et de conseil pour les opérations de déminage et de destruction d’armes et de munitions », ajoutent les rapporteurs.