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Iran : « prudence et vigilance »
Paris, le 15 juin 2010 – Mme Josette DURRIEU (France, Groupe socialiste) a lancé ce mardi devant l’Assemblée européenne de sécurité et de défense (AESD) un appel « à la prudence et à la vigilance » face à la question nucléaire iranienne.

De retour de mission en Iran, Mme DURRIEU estime dans son document d’information, présenté au nom de la Commission politique de l’Assemblée, qu’il faut « prendre la juste mesure de la réalité nucléaire opérationnelle de la bombe iranienne ». Elle met en garde à la fois contre des sanctions trop sévères et des frappes militaires qui seraient contre-productives.

Selon la Sénatrice française, l’Iran pourrait au mieux disposer à la fin 2010 « d’un seul engin nucléaire qui n’aurait fait l’objet d’aucun essai et dont l’adaptation à un missile balistique n’aurait pas été démontrée ». Un second engin serait seulement envisageable fin 2011 et un « ensemble cohérent de dissuasion aux environs de 2015 ».

Rappelant que le régime iranien « poursuit une dérive autoritaire, répressive et nucléaire depuis les élections de juin 2009 qui ont maintenu le Président Ahmadinejad au pouvoir à l’issue d’une fraude massive », Mme DURRIEU souligne que ce dernier, « comme la plupart des dictateurs, a besoin de crises extérieures pour échapper aux problèmes internes ». « Soutenu par le guide suprême de la révolution Ali Kamenei, disposant de la poigne de fer des Pasdarans et d’un réseau clientéliste qu’il entretient avec assiduité, Ahmadinejad provoquera les agressions et il saura les exploiter pour réunifier un peuple voulant défendre son pays par-delà la condamnation du régime. Les pays occidentaux doivent éviter le processus à l’irakienne qui se dessine », met en garde Mme DURRIEU.

Face aux « craintes légitimes » suscitées par la perspective d’un Iran nucléaire à court ou moyen terme, « les sanctions économiques décidées à cinq reprises par le Conseil de sécurité sont restées relativement inoffensives et n’ont eu pour l’instant aucun effet sur le comportement des responsables du pays », ajoute Mme DURRIEU. Selon elle, « les sanctions pénalisent habituellement les populations, mais n’ébranlent pas les régimes ». Et parfois, « elles les renforcent », a-t-elle ajouté en estimant que « si le régime iranien tombe, il tombera de l’intérieur ».

Mme DURRIEU considère en outre qu’il peut être « difficile de dire que l’Iran n’a pas ‘de droits’, alors qu’Israël, l’Inde et le Pakistan disposent d’un arsenal nucléaire opérationnel ». A ses yeux, il faut persévérer dans la voie « d’un accord de paix global et d’une dénucléarisation complète de la région ».

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