Paris, le 15 juin 2010 – L’Assemblée a insisté ce mardi sur la nécessité, dans la quête de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, de donner la priorité au règlement du conflit israélo-palestinien, tandis que le problème nucléaire iranien doit être résolu dans des délais raisonnables, « par des moyens pacifiques et diplomatiques ».
Le rapport intitulé « L’Iran et le Moyen-Orient », présenté au nom de la Commission politique par Lord ANDERSON of Swansea (Royaume-Uni, Groupe socialiste), relève qu’il n’y a guère eu de signes positifs ces six derniers mois. La recommandation, adoptée à l’unanimité, affirme qu’un règlement du conflit central israélo-palestinien ne doit pas être conditionné à la solution du problème nucléaire iranien et qu’un Etat palestinien ne peut être créé sans lever le blocus de Gaza, mettre fin à la violence et geler les activités de colonisation d’Israël.
Lord ANDERSON a dressé un constat amer à travers les deux observations suivantes : le gouvernement israélien de droite n’est pas parvenu à « faire les choix nécessaires pour mettre l’opinion internationale de son côté » et la communauté internationale ne peut pas faire grand-chose en ce qui concerne le problème nucléaire iranien, si ce n’est intervenir militairement, ce qui « serait désastreux pour la région ».
Le rapport, qui comporte douze recommandations, déclare que tous les moyens possibles doivent être mis en œuvre pour encourager la réconciliation nécessaire entre les factions palestiniennes, le Fatah et le Hamas ; la Syrie doit être encouragée à « agir de façon constructive dans une région où elle a une influence considérable » ; la communauté internationale doit songer à proposer une solution au conflit en l’absence de progrès bilatéraux. La Ligue arabe doit garder sur la table l’initiative de paix arabe et élaborer des propositions en vue d’une feuille de route détaillée. En outre, il importe de veiller à ce que le programme nucléaire iranien soit conduit à des fins exclusivement pacifiques ; enfin, les autorités iraniennes doivent être encouragées à respecter les droits de l’homme et à garantir la liberté d’expression.
En ce qui concerne l’interception militaire israélienne, le 31 mai, d’un convoi de six bâtiments dans les eaux internationales avant d’atteindre Gaza, des amendements au rapport ont été déposés, précisant que l’enquête qui doit être menée par Israël « ne sera pas considérée comme crédible et impartiale par la communauté internationale en dépit de la participation de deux observateurs étrangers n’ayant pas le droit de vote ».
L’Assemblée a regretté que la politique consistant à isoler Gaza ait porté préjudice à la population civile sans isoler le Hamas et déclaré que même si Israël a « des intérêts de sécurité légitimes à protéger », le blocus actuel, malgré des aménagements mineurs, isole davantage Israël sans atteindre ses « objectifs clés ».
Se déclarant favorable au contrôle de la frontière de Gaza afin de protéger la population locale et les intérêts légitimes de sécurité des Israéliens, l’Assemblée a exhorté le gouvernement israélien à remplacer la liste restreinte des biens dont l’entrée à Gaza est actuellement autorisée par une liste de biens « qui peuvent raisonnablement être interdits pour des raisons de sécurité » et à coopérer avec les Nations unies de manière à ce que les matériaux nécessaires à la construction et à la reconstruction d’habitations, d’écoles et d’infrastructures médicales puissent être livrés.
Josette DURRIEU, (France, Groupe socialiste) a présenté un rapport d’information sur l’Iran à l’issue de sa récente visite dans ce pays. Voir communiqué de presse n
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