L’espace militaire : un des éléments de la fragilité européenne
Paris, le 17 juin 2010 – L’AESD a appelé ce jeudi l’UE à se montrer plus offensive et plus coopérative dans le domaine des satellites d’observation, qui constitue une de ses orientations stratégiques.
Dans son rapport portant sur les satellites d’alerte avancée et de renseignement électromagnétique, présenté au nom de la Commission technique et aérospatiale, M. POZZO DI BORGO (France, PPE/DC) a estimé que dans ce domaine, « la coopération s’avère très difficile car peu de pays européens montrent leur intérêt ».
A l’heure actuelle, il existe deux systèmes d’alerte avancée spatiale en service dans le monde, a-t-il rappelé : deux américains (le DSP en cours de modernisation et le récent SBIRS d’un coût de plus de dix milliards de dollars) et un russe. Au sein de l’UE, seule la France développe un satellite spatial optique de démonstration SPIRALE. En février 2009, deux démonstrateurs SPIRALE ont été mis en orbite, confirmant, selon le rapport, la faisabilité d’une première capacité opérationnelle. La mise en service en service de SPIRALE est prévue seulement en 2019 et son coût est estimé entre 700 et 800 millions d’euros.
M. POZZO DI BORGO a rappelé l’importance de la surveillance spatiale, déjà reconnue dans le Livre blanc publié sur cette question en 2003 par la Commission. Relevant que le système d’alerte américain « coûte très cher », il a déploré un « manque de volonté et de moyens » de la part des Européens pour développer leur propre système. « L’espace est un des éléments de la fragilité européenne », a-t-il dit en exprimant ses craintes que le système SPIRALE « reste franco-français ».
L’AESD a recommandé notamment d’encourager le dialogue des Etats membres de l’UE avec les autorités françaises en vue d’une coopération à la suite du programme SPIRALE et au futur programme CERES (Capacité de renseignement électromagnétique spatial). De manière plus générale, elle a encouragé une réflexion au sein des forums appropriés (en particulier au sein du Comité politique et de sécurité et au sein de l’Agence européenne de défense) sur les besoins et capacités de l’Europe dans le domaine de l’espace militaire.