L’UE doit favoriser l’adoption d’une réglementation internationale pour lutter contre les débris spatiaux
Paris, le 17 juin 2010 – L’Union européenne doit œuvrer à l’adoption d’une réglementation internationale pour éviter que le problème de plus en plus grave posé par les débris produits par l’activité humaine en orbite dans l’espace dégénère, a déclaré Edward O’HARA (Royaume-Uni, Groupe socialiste) à l’Assemblée ce jeudi.
Présentant un rapport, adopté à l’unanimité, sur « La sécurité européenne face au problème des débris spatiaux » au nom de la Commission pour les questions techniques et aérospatiales, il a dit que le volume des débris spatiaux constituait un risque important pour la sécurité des installations spatiales et un sujet de « préoccupation majeure ».
Il a expliqué que les débris spatiaux se composent actuellement d’environ 150 000 objets d’une taille supérieure à 10 centimètres, de 200 000 objets mesurant de 1 à 10 cm et de 135 millions d’objets mesurant moins de 1 centimètre. « Il est raisonnable de dire que les débris produits par l’activité humaine représentent actuellement une menace plus importante» que leurs équivalents naturels. La multiplication des débris en orbite basse (LEO), qui va jusqu’à 2 000 kilomètres, « a contribué à produire une réaction en chaîne, [si bien] que les objets risquent d’entrer en collision à tout moment, et donc d’engendrer d’autres débris ».
Deux événements en particulier ont conféré une nouvelle dimension au problème. L’un s’est produit en janvier 2007, lorsque la Chine a procédé à un essai au dessus de son territoire, détruisant délibérément un de ses propres satellites, et l’autre le 10 février 2009, lorsqu’un satellite de communications Iridium est entré en collision avec Cosmos 2251, ancien satellite russe de télécommunications, au dessus de la péninsule de Taimyr, en Sibérie. Dans le cas de la Chine, l’armée avait effectué un tir de missile antisatellite contre le satellite météorologique désaffecté Fengyun-1C (FC-1C).
Dans sa recommandation, l’Assemblée a demandé au Conseil de l’UEO et de l’UE et aux membres de l’Agence spatiale européenne (ESA) de veiller à ce que les lignes de conduite adoptées par l’ESA et l’Inter-Agency Debris Committee (IADC, qui regroupe les onze agences spatiales générant des débris en orbite) soient pleinement respectées, de surveiller les débris spatiaux et d’encourager la poursuite du projet de Space Situational Awareness (SSA) de l’ESA au-delà de la phase préparatoire. Elle a souligné également la nécessité de doter le Centre satellitaire de l’UE d’un budget en adéquation avec ses larges responsabilités dans ce domaine.